mercredi 1 avril 2009

Isla de la Réunion!

Détour obligé vers la Réunion au retour des Kerguelen!
Dépaysant, chaleur étouffante!
Après le subantarctique le tropical !
Mais ce qui reste inchangé: les paysages vous coupent toujours autant le souffle et vous vous entendez souvent dire: "C'est magnifique!"



Randonnée au coeur des Cirques
Des îles au milieu d'une île!
Les cirques sont des sortes de cuvettes bordés par des remparts abruptes formés après l'affaissement de montagnes d'origine volcanique. A l'intérieur, des cirques, des îlets (sortes de petits plateaux) permettent d'accueillir villes, villages ou quelques familles!

Montée sur Cilaos en bus… la route serpente en lacets serrés… le bus klaxonne à tous les virages, tout le monde roule vite pourtant les voitures peinent parfois à se croiser. Les paysages abruptes et verdoyants qui défilent sous nos yeux sont magnifiques, entrée magistrale !

Première balades autour de Cilaos: visite du site de la Chapelle et grimpouille (hard après 10jours de Marion...) jusqu'au village de Ilet à Cordes. Beaucoup de forêt de casuarinas sur la route et pis ces fameuses agaves qui envahissent tous les flancs de pente...
(en photo: agaves, lantana camara, ilet à Cordes)


Histoire de nous mettre en jambes avant l'ascencion du Piton des Neiges, le plus haut sommet de la Réunion, culminant à 3070m.





Puis descente sur la forêt de Bélouve, surplombant le cirque de Salazie (en photo : sentier reliant la caverne Dufour à la forêt de Bélouve, charançon, oiseau la Vierge, Cirque de Salazie vue depuis Bélouve)


Traversée rapide du Cirque de Salazie en passant par le village de Hell-Bourg pour rejoindre le cirque de Mafate, le plus "sauvage" des trois puisqu'aucune route n'y mène. (en photo: village de La Nouvelle, école de la Nouvelle, site des Trois Roches entre Roche Plate et Marla)






Balades sur le sud et l'est de la Réunion

Saint Pierre


Le Piton de la Fournaise (plaine des Sables et Piton de la Fournaise, petit cratère du Formica Léo)

Grand Etang, Plaine des Palmistes

Cascade Langevin

Manapany les Bains et son fameux gecko



Coulée de lave 2007

Le 31 mars, Bye Bye La Réunion et retour en métro après plus de 16 mois d'absence !

mardi 10 mars 2009

Au revoir Kerguelen !

Les trois mois de campagne d’été s’achèvent ! Ça y est nous devons quitter l’archipel que nous avions fait NOTRE !

Après une dernière manip à Ratmanoff pour saluer la colonie de manchots royaux, les albatros, les pétrels géants, les éleph’ et les otaries, nous devons faire nos sacs et boucler nos malles !



Pas facile de se dire que l’on ne reviendra sans doute pas sur ses terres que nous avons eu le privilège d’arpenter pendant 15mois ! Expérience exceptionnelle…

Le Marion Dufresne, revenant d’une campagne océanographique, est venu nous récupérer (derniers Vats de la 58e et campagnards d’été) le 09 Mars 2009.

Après avoir embarqué grâce à notre bien vénérable chaland : l’Aventure II, nous avons pris place sur le pont arrière pour saluer une dernière fois KER et ses habitants ! Dernier regard sur les îles du golfe lors de notre départ crépusculaire…

Merci à tous ceux qui ont participé à cette aventure : missions 57-58-59 mais aussi à tous ceux qui m’ont suivis de près et de loin à la fois !
A tous, bon vent !

Et en route pour de nouvelles aventures !!!!!!

lundi 15 décembre 2008

Décembre: début de la campagne d’été! Voici la relève !


Cela fait maintenant un an que nous sommes arrivés, il est temps de passer les rênes des programmes à la 59ème mission ! La silhouette du Marion Dufresne se dessinera bientôt à l’horizon ! Celui-ci amènera avec lui notre relève mais aussi des chercheurs et thésards venus pour la campagne d’été qui durera jusqu’à début mars 2009. La plupart des VATs de la 58ème mission devront retourner en métropole. Seuls quelques dinosaures resteront jusqu’en mars-avril : le VCAT environnement, un des deux VCATs ornitho et les 2 VCATs écobiotes, ceci pour assurer la passation de consignes avec les nouveaux et donner un coup de main pour les différentes études de la campagne d’été! Alors bienvenue à ceux qui arrivent et bon vent à ceux qui partent !
A suivre quelques photos de ce deuxième été passé à KER !

Rennes, fjord Bossière

Depuis l'île aux Moules

Jeune cormoran de Kerguelen

Manchots royaux près d'Armor

Skua, Armor

dimanche 19 octobre 2008

Nous avons été sages, alors… à nous les bonbons !!!

RATMANOFF, primer viaje !

21 Septembre, date officielle marquant le début du printemps qui se faisait déjà bien sentir depuis quelques temps… Les oiseaux et les éleph’ chantent de plus belle!

En route pour une semaine à Ratmanoff !



Ratmanoff (voir carte de l’est de la Péninsule Courbet ci-dessus)

Ratmanoff se trouve à l’est de la plate et morne Péninsule Courbet. Pour s’y rendre, deux solutions s’offrent à nous. Longer la côte via Pointe Morne: c’est un peu plus long (35km) mais c’est toujours cool de rencontrer des habitants en route (éléphants de mer, otaries et manchots) ou couper à travers champs (et à travers lacs...). Là, c’est peut-être un peu plus rapide mais c’est un cauchemar… 26km d’une monotonie hors du commun : des cailloux, des Acaenas, des cailloux, des Acaenas, ainsi que des sols spongieux et des lacs agrémentant le trajet de savoureux petits détours pour faire durer le plaisir !!

Et oui, Ratmanoff, ça se mérite…Et cela permet à la grande colonie de manchots royaux de ne pas être trop dérangée par notre présence…


Pas folles les bêtes, nous avons bien sûr opté pour la première solution ! Nous sommes donc passés par Pointe Morne à l’aller afin de profiter des éleph !!! A peine après avoir traversé la première rivière (la rivière Château), nous avons été récompensé par notre choix car nos premières femelles éleph et leurs peluches noires nous attendaient !! Nous avons même pu voir des petits jumeaux (cas assez rare chez les éleph)…


En route, j’ai eu la chance d’assister à ma première mise bas. J’ai pu également voir des nourrissages d’albatros hurleurs (Diomedea exulans)…Les parents ne reviennent de leur périple en mer que de temps en temps pour nourrir les jeunes au nid…


En arrivant sur Ratmanoff, c’était l’extase…. Des milliers de femelles éleph’ revenues tout spécialement d’Antarctique pour pondre leurs « bonbons » occupaient la plage. Des bébés partout…

Et le boulot dans tout ça ?

Pas de temps à perdre, à peine arrivés, nous y avons couru !

But de la manip ? Savoir si le poids et l’âge au sevrage des bonbons dépendent du régime alimentaire, de la zone d’alimentation et de la condition physique de la mère. (L'étude est réalisée par l'équipe de Christophe Guinet du CEBC de Chizé et sur le terrain, c'est Quentin qui s'y colle!)

Pour cela, 200 bonbons (bébés éleph’ encore appelés pups) tout juste naissants doivent être bagués afin de pouvoir être retrouvés au sevrage. A ce moment là, ils seront pesés, mesurés et des prélèvements d’ongles et de sang seront également effectués.

Pour trouver nos candidats, nous sillonnons la plage plusieurs fois par jour à la recherche de bébés encore mouillés afin d’être certains de leur date de naissance. Tous les jours, 6 à 8 bébés sont bagués sur la zone d’étude (environ 1km de plage). Les bagues utilisées sont des vulgaires boucles à ovins placées à l’aide d’une pince dans la nageoire caudale. En parallèle, nous notons l’état physique de la mère et prenons des photos de celle-ci.

L’exercice (baguage) n’est pas toujours facile lorsque les mères ne daignent pas coopérer. D’ordinaire assez calmes, elles se montrent assez agressives à cette période de l’année. Même si elles ne paraissent pas se déplacer très vite, il vaut mieux se méfier… C’est qu’elles ont des bonnes petites dents ces p’tites dames…


Et le soir, nous faisons le comptage des individus dans les harems de la zone d’étude (femelles et bonbons). En à peine une semaine, le nombre de femelles et de BB a doublé voir plus ! Et ce n’est pas fini !!

Des baguages seront effectués jusqu’au milieu du mois d’octobre. Un peu plus de trois semaines après leur naissance, les bonbons seront sevrés. Ils perdent peu à peu leur duvet et deviennent des boules grises bien grassouillettes. C’est à ce moment là que les pesées et les prises de sang seront effectuées !

Une nature douce mais brute…

A notre plus grand bonheur, les bonbons peuvent être approchés facilement lorsqu’ils roupillent le long de leur maman. Petite séance de gratouillage possible sans même qu’ils ne se rendent compte de notre présence !

Quant aux mises bas, elles sont impressionnantes… Elles sont super rapides : en 3-4min le petit se retrouve expulsé et confronté à un univers dangereux… Premières respirations, premiers cris échangés entre la mère et le jeune pour se reconnaître… Ces cris sont assez particuliers et ne sont notés qu’à ce moment bien particulier : la mère semble aboyer gentiment et les petits poussent des petits cris rauques…

Cette scène ne durera que très peu de temps car rapidement une nuée de pétrels géants (Macronectes giganteus), de skuas (Catharacta antarctica) et de goélands (Larus dominicanus) fondent vers eux pour se disputer les restes du placenta et du cordon ombilical…Ces charognards n’hésitent pas à s’attaquer aux vivants non plus. Gare aux faiblards qui se verront dévorer sur place… âme délicate s’abstenir… Ceci a l’avantage de nettoyer impeccablement les plages : seules les carcasses et peaux parsèment alors le terrain ! Les skuas sont également friands du lait qui coule lors de la tétée. Ils ne se gênent pas pour aller le récupérer dans la gueule des petits ou sur le sable où ce lait, tellement gras ne s’imbibe pas !

Ce spectacle ne réveille pas le moins du monde les « pachas », les gros mâles à la tête des harems. Normalement, un seul énorme mastodonte garde un œil sur quelques centaines de femelles… Cependant, des mâles périphériques, attendant « patiemment » leur heure pour se reproduire, sont tolérés autour des harems tant qu’ils ne tentent pas d’approche… En effet, les prétendants ne manquent pas, les mâles périphériques rôdent et tentent de détrôner le prince de ces dames… Souvent, de simples vocalises (ressemblant au cri d’une Harley Davidson) suffiront à effrayer les jeunes mâles qui s’empressent de retourner d’où ils sont venus en jetant un regard effrayé derrière eux… D’autres sont plus persévérants et les combats peuvent alors être rudes. Les mâles se redressent, se tapent et se mordent de toute leur force en jouant au cheval à bascule. Ils n’en ressortent pas indemnes : trompes déchirées, balafres et profondes cicatrices témoignent de la violence des affrontements.

Et les piafs dans tout ça ?

Les éleph ne sont pas les seuls habitants à éveiller notre curiosité. Ratmanoff est en effet connu pour sa grande colonie de manchots royaux (Aptenodytes giganteus). En ce moment, les jeunes de l’année dernière sont regroupés en crèche. Les parents peuvent ainsi sortir en mer afin de reprendre des forces et alimenter leur jeune. La reproduction attendra novembre-décembre.

Par contre, chez les petits manchots papous (Pygoscelis papua), c’est la période des naissances. Selon les sites et les individus, certains sont encore sur œufs alors que d’autres ont déjà des jeunes cachés au creux de leurs pattes. Les papous pondent normalement deux œufs mais la plupart du temps un seul des poussins arrivera à l’âge adulte.

Les albatros hurleurs, quant à eux, commencent à perdre leur duvet blanc qui laisse apparaître un joli plumage gris et se dégourdissent doucement les ailes. Les jeunes sont bagués au nid afin de pouvoir les retrouver ensuite et en connaître un peu plus sur leurs déplacements et leurs âges…

28 Septembre… Le temps est passé très vite… Je dois repartir pour PAF. Cette fois-ci, nous passerons par l’intérieur afin de rentrer le plus rapidement. Vive les lacs, les Acaenas et les caillasses !

Le lendemain, je repartais pour l’île Haute. Sur cette île, réside une population de mouflons de Corse qui est actuellement régulée afin de limiter les dommages causés sur la végétation…

RATMANOFF, segundo viaje !

9 Octobre… Me revoici en route pour Ratmanoff par la côte avec Matthieu météo, afin de rejoindre Quentin pour continuer un peu « la manip éleph ». Transit magnifique encore une fois !! Sur le chemin, nous avons pris le temps d’observer et d’apprécier la « Nature ». Impressionnant le nombre d’éleph squattant les plages ! En une vingtaine de jours, leur nombre a considérablement augmenté ! Certains doivent même optés pour des habitations de seconde classe et se contentent de zones herbeuses ou de zones terreuses… C’est la crise du logement ici aussi ! Nous avons profité d’un rayon de soleil pour passer voir la petite colonie de manchots papous qui niche dans des tussocks (grosses touffes) de Poa cookii (jolie graminée autochtone) aux marges du désert de Morne.


Pesée et prélèvements sur pups sevrés

Les premiers BB bagués avec Quentin lors de ma première manip commençaient à être sevrés après 20 jours de tétées ultra énergétiques (ils peuvent prendre jusqu’à 3,5kg/jour). A la fin de la période de l’allaitement, les mères se reproduisent rapidement avec le pacha et retournent en mer.

Les sevrés sont alors assez facilement repérables car ils s’écartent doucement de leur harem d’origine. C’est à ce moment là que l’on doit effectuer les pesées et les prélèvements. Pour cela, hop, nous « sautons » à cheval sur les bonbons afin de les immobiliser. Pas toujours évident car ces grosses boules peuvent peser jusqu’à 160kg et ne manquent pas d’énergie (vive le rodéo) ! Prises de sang et prélèvements d’ongles sont réalisés et permettront après analyses isotopiques de connaître le régime et la zone d’alimentation de la mère. Les BB sont ensuite placés dans un filet afin d’être pesés. Leur âge et leur taille sont également notés.

Pose de balise

Autre événement phare de la manip : la pose de deux balises sur deux femelles éleph. Ces balises devront permettre d’en savoir plus sur leurs déplacements et leurs zones d’alimentation après la reproduction. Les candidates sont des femelles qui s’apprêtent à retourner en mer : celles-ci sont en général un peu à l’écart du harem et sont accompagnées d’un gros pup « en mue » qui ne va pas tarder à être sevré. Pour être équipée, la femelle est anesthésiée. La balise peut-être alors posée tranquillement sur la tête. Par la même occasion, la femelle est pesée, mesurée et doit donner son sang et des ongles….

Quant aux piafs ils se portent bien…

Les albatros se « déduvettent » et les manchots papous commencent à sortir du nid. De nombreux manchots royaux ont regagné les plages et s’installent même à l’intérieur des terres pour pouvoir muer avant la période de reproduction qui approche.


Les plantes aussi… Dans les endroits les plus abrités, les Acaenas ont refait des feuilles bien vertes et de nombreux boutons de fleurs apparaissent.

15Octobre, retour (déjà…) par la côte !! Passage dans le désert de Morne où nous avons croisé des bonbons « perdus » sous une tempête de sable et de neige. Encore une belle marche !


Bref passage sur base (2jours) afin de préparer des nouvelles manips ! Samedi 18, départ pour de nouvelles aventures sur l’ouest de la péninsule Courbet !